We Want Sex Equality de Nigel Cole

Publié le par Rhoda

We want sex equalityLe cinéma britannique cultive volontiers la veine sociale. Les gens y parlent avec des accents à coucher dehors, on n'y comprend rien et on est obligé de lire les sous-titres. L'autre grande tendance du cinéma britannique, c'est le film impeccable en costumes dans la bonne société, les gens ont appris à parler correctement dans les grandes écoles ou avec des gouvernantes et là on comprend aisément sans lire. Quand en plus le personnage est bègue, on a deux fois plus de temps de cerveau pour percuter.


Je ne suis pas là pour vous parler du Discours d'un roi mais du film que j'ai vu ce matin : We Want Sex Equality. Il appartient à la veine sociale, incontestablement. Mais dans la veine sociale il y a deux sous-veines : le social réaliste et le social gentillet. Ken Loach, et Mike Leigh (hier) ou Mike Leigh (aujourd'hui) et Nigel Cole qui a fait Calendar girls hier et qui sort We want sex equality pour cette journée de la femme 2011.


En passant, merci d'avoir enfin retenu la leçon et évité les "bonne fête" cette année alors que cette journée est dédiée à la protestation et au militantisme.


Elles avaient de nombreuses raisons de protester ces ouvrières de l'usine Ford de Dagenham, dans la banlieue est de Londres: des conditions de travail difficiles et un salaire très inférieur à celui des hommes. Elles étaient peu nombreuses, même pas 200 face aux milliers d'employés masculins. Elles étaient peu soutenues parce que c'étaient des femmes. Pourtant elles se sont lancées courageusement dans la lutte et elles ont gagné


Le film souligne leur solidarité. Il se veut résolument optimiste. Il les montre pimpantes et gaies dans leurs vêtements colorés de 1968. Personne ne veut les aider. Les syndicats sont tenus par des hommes qui considèrent leur lutte comme secondaire et qui se sentent menacés par leur prise de parole directe. Leurs maris leur sourient gentiment au début puis les lâchent dès que leur confort est menacé. Leurs collègues voudraient qu'elles reprennent le travail quand ils se rendent compte qu'elles arrivent à bloquer l'usine. Elles tiennent bon. Elles parviennent à convaincre cette société poussiéreuse de leur bon droit. Elles y parviennent jusqu'au plus haut niveau de l'état.


La leader des ouvrières s'appelle Rita. Rita, patronne des causes désespérées. Elle est jouée par Sally Hawkins, qui était exaspérante dans Be Happy et qui a fait beaucoup de progrès.


C'est un film qui vous remonte le moral et vous sortez de la salle avec une bonne dose d'énergie positive.


On oublie l'agacement ressenti devant les grosses ficelles que le réalisateur ne manque pas de tirer et qui alourdissent le film et compromettent sa crédibilité, comme cette alliance entre Rita la meneuse et la femme du dirigeant de l'usine, ou comme cette histoire de vieil ouvrier converti au féminisme par sa sainte mère de femme. On oublie aussi que la fameuse loi qu'elles ont obtenu n'a pas tout résolu, que l'égalité des salaires n'existe pas dans les faits. Mais le film est modeste et il ne vise pas à la réalité historique ni à la réflexion. Prenons-le comme il est.

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Publié dans Films

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