Film : Poetry
Film sud-coréen de Chang-dong Lee.
Mercredi matin, j'ai retrouvé Perle de Rosée devant le cinéma à 9 heures. C'était son dernier jour de vacances et elle devait réapprendre à se lever à des horaires décents. Elle avait lu la critique de Poetry dans un magazine inavouable et s'était déclarée attirée. J'ai sauté sur l'occasion. Bien entendu, elle s'était aussi déclarée intéressée par Salt avec Angelina Jolie mais j'avais ignoré cette information.
Nous avons donc vu ce film qui décrit le soir de la vie d'une vaillante et si émouvante dame coréenne, Mija, incarnée avec grand talent par Yoon Jung-hee.
Mija est en quête de beauté. Elle est sensible aux fleurs, aux arbres. Elle s'habille modestement mais avec soin dans des teintes pastel et porte de trognons petits chapeaux blancs au dessus d'un visage maquillé avec soin. Elle prend peut-être à tort cet amour du beau pour une prédispostion à l'écriture poétique. Or, les mots fuient Mija. Elle apprend bientôt que c'est le signe d'un début d'Alzheimer. Inscrite à un cours de poésie, elle a beau aiguiser son regard, contempler avec admiration et amour, l'inspiration ne vient pas.
Autour d'elle, le monde ne lui facilite pas les choses. Les arbres et les fleurs restant beaux mais les actions des gens qui l'entourent sont de plus en plus ignobles. Une jeune collégienne se suicide. Elle était violée depuis des mois par 6 de ses camarades, dont le propre petit fils que Mija élève seule. Les parents des adolescents ne voient là qu'une affaire à étouffer à coups de millions de wons. Le vieux monsieur invalide dont elle s'occupe, en plus d'être un vieux radin, nourrit envers elle des pensées luxurieuses.
Mija parcourt ce calvaire perdue dans des pensées plus importantes. Elle veut écrire son poème. Cela la sauve. Cela la libère.
Son prof de poésie est selon moi un imbécile. Regarder autour de soi, admirer, contempler et laisser la poésie sortir de son coeur. Tu parles ! Cette méthode donne les poèmes que nous avons tous écrit à 15 ans. Plus que n'importe quel autre style littéraire, la poésie invente la langue. Le poète ne peut se contenter de son coeur, il se livre à un sacré exercice intellectuel ! La quête de Mija, au moment où elle perd ses mots, pour retrouver un mode d'expression moins naturel, plus difficile que celui dont elle se trouve peu à peu privée est à comprendre dans ce sens.
Je crois que Perle de Rosée a été un peu déroutée par ce film qui en plus est fort long. Peut-être nous fera-t-elle l'honneur de nous déclarer ce qu'elle en pense en commentaire ?
J'ai adoré. Créer, écrire, rechercher l'illumination. Pile dans mes préoccupations de rentrée.