Pierrette et Le Curé de Tours de Balzac

Publié le par Rhoda

Degas - Les repasseuses - 1884Savez-vous à quoi servent les week-ends à la campagne en automne ? Quand les feuilles tombent, que le vent souffle, que le froid sévit et qu’il n’y a pas de feu dans la cheminée ? Ils servent à se réfugier sous la couette et à s’y sentir bien. Et sous la couette, après une bonne séance de galipettes, quand l’Homme s’endort, on sort de sous l’oreiller le Tome III de la comédie humaine et on dévore deux grosses nouvelles coup sur coup. C’est ça le bonheur. La plénitude physique, la sécurité affective, le confort et Balzac.

 

J’ai lu coup sur coup les deux premières histoires des Célibataires, dans les Scènes de la vie de Province : Pierrette et Le Curé de Tours. Deux histoires fort cruelles. Elles mettent en évidence la profonde désapprobation de Balzac pour l’état de célibataire. Cet état est condamnable parce qu’il va à l’encontre de la société, laquelle est un corps dont la cellule est la famill. Donc les célibataires (que cet état soit volontaire ou non)sont des êtres tarés, des monstres d’aigreur et d’égoïsme. Bien entendu, les femmes prennent plus cher que les hommes. Elles sont jaunes comme des coings, elles ont de grandes dents et, mystère de la nature, leurs articulations tendent à se souder si bien que leurs gestes n’ont pas la délicieuse ondulation de ceux des femmes mariées.

 

Pierrette nous raconte la très pathétique histoire d’une pauvre orpheline bretonne livrée à la cruauté de ses deux cousins Rogron, frère et sœur, célibataires, épiciers, provinciaux. Elle en mourra.

 

Le curé de Tours déploie la persécution d’une logeuse envers un pauvre curé, persécution qui vise à le chasser de son logis pour y mettre un abbé qui appartient à une mystérieuse congrégation parisienne. La cruauté, la patience, la ruse mises en œuvre par cet abbé qui tire les ficelles contrastent singulièrement avec la mesquinerie des enjeux. Mais on s’ennuie tant en province. En d’autres siècles et d’autres lieux, l’abbé Troubert eût été Richelieu !

 

J’attaque maintenant la Rabouilleuse. Après Provins et Tours (« la ville la moins littéraire de France ») me voici à Issoudun. Je me régale.

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Publié dans Livres

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R
<br /> Pas toujours... mais ça arrive.<br /> Le problème c'est que si l'Homme claque la levrette en pensant à toi, j'éclate de rire et je m'écroule. Il risque l'entorse. Donc on évite. On parle de toi après...<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Et vous pensez toujours à moi avant que l'Homme ne s'endorme ?<br /> <br /> <br />
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