Rembrandt et la Figure du Christ, au Louvre

Publié le par Rhoda

Voilà déjà quelques semaines que j'ai vu cette exposition. Elle est très intéressante, elle n'attire pas les foules, elle est gratuite pour les moins de 18 ans et les amis du Louvre, elle dure jusqu'au 18 juillet alors il est encore temps que je vous en parle.

 

Tout est parti d'une drôle de phrase retrouvée sur l'inventaire dressé au moment de la saisie du mobilier de Rembrandt (que tous mes amis qui ont des problèmes d'argent se rappellent que c'est arrivé à des génies aussi). L'inventaire disait "Tête de Christ d'après nature". C'est étonnant. Même au XVIIème siècle, les têtes de Christ ne devaient pas courir les rues.

 

 

Rembrandt - Jésus et ses disciples - 1634

Rembrandt, Jésus et ses disciples, 1634

L’huissier est mort. On ne peut pas savoir ce qu’il avait pressenti de la peinture ainsi décrite. Mais c’est assez pour que le musée du Louvre consacre toute une exposition à un motif de recherche qui a fait travailler Rembrandt et son atelier toute sa vie.

 

Au début de la carrière de Rembrandt, Jésus ressemble à un super héros. Il a le front haut, une présence forte, sa tête répand des éclairs. Autour de lui les gens sont saisis. Vous pouvez en voir un exemple dans la gravure ci-dessus.

 

Rembrandt - Tête de Christ - Vers 1648/1654Rembrandt, Tête de Christ, vers 1648-1654
 
 

Plus tard, il s'adoucit. Il devient un jeune homme brun et barbu au regard doux, souvent perdu dans des pensées un peu tristes. Le visage un peu douloureux de celui qui sait et qui doit laisser s'accomplir.

 

D'après nature ? En tous cas, Rembrandt qui habitait dans le quartier juif d'Amsterdam n'a pas hésité à faire poser de jeunes voisins pour figurer lee Christ. Heureusement qu'il était protestant, les catholiques ne se seraient pas remis de ce sacrilège.

 

J'ai même lu un roman qui imaginait que c'est Spinoza himself qui avait posé en David pour "David jouant de la harpe devant Saül" (Le Peintre et le Philosophe ou Rembrandt et Spinoza à Amsterdam de Bruno Streiff).

 

L'exposition, qui montre de nombreuses peintures, dessins, gravures de Rembrandt propose aussi des comparaisons avec de grands maîtres que Rembrandt ne pouvait manquer de connaître, qu'il collectionnait même.

 

 Et puis elle compare trois grands christs en croix, peints la même année dans un esprit d'émulation. Un de Rembrandt, un de Jan Lievens et un de Backer. C'est Rembrandt qui va le plus loin dans la désacralisation du Christ. Il en fait un supplicié aux traits tordus de douleur, au corps maigre et fragile.

 

Rembrandt a donné au Christ ce qu'il a donné à tous ses sujets : une belle part d'humanité.

 

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Publié dans Musées - expositions

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