Rome - 10 avril 2011

Publié le par Rhoda

 

 

Le dimanche matin, en allant prendre le petit déjeuner à l'hôtel, j'ai contrevenu à ma nature conciliante pour élever une vibrante protestation et réclamer une chambre dans l'hôtel. Je ne pouvais pas me dégonfler sous les yeux de Perle de Rosée, quand même ! Et ils m'ont trouvé une chambre, parce qu'à Rome tout s'arrange. Nous pourrions en prendre possession le soir-même. Elle n'était pas dans l'hôtel même mais dans une résidence charmante qu'ils avaient à l'autre bout de la place navone. Nous sommes parties à moitié rassurées pour notre première promenade romaine.


Là, je pourrais vous dire que j'ai assuré grave pour guider Perle de Rosée dans la ville éternelle. Après tout, c'est mon blog, j'y publie ce que je veux, et si je veux perfectionner mon image de wonder woman qui assure, je le fais. Sauf que j'ai déjà quelques lecteurs qui ne peuvent pas être dupes, qui savent que le sens de l'orientation n'est pas mon fort. Je préfère donc être franche.


J'ai regardé le plan et j'ai décrété que pour aller au Capitole, il nous fallait d'abord traverser la place Navone. Arrivées à l'autre bout, je me suis étonnée de ne pas y trouver la rue prévue. Perle de Rosée a alors pris le plan en main et nous avons fait carrément demi-tour. C'est elle qui nous a guidées pendant tout le séjour. Elle s'en est excellemment tiré mais je crains d'avoir perdu un peu de mon autorité, encore.


Sous sa direction éclairée, nous nous sommes tout d'abord arrêtées au bord d'un drôle d'endroit : l'Area Sacra di Largo Argentina. Au bord d'un carrefour très passant, ce complexe de quatre temples datant de la république ne peut être regardé que de loin. Fermé aux visites, il est devenu en plein cœur de Rome le refuge des chats sans abri. C'est là que vont les Romains qui souhaitent adopter un chat.


Plus loin, toujours sur le chemin du Capitole, nous avons visité la chiesa del Gesù, église principale des jésuites à Rome. La richesse de l'intérieur nous a stupéfiées, par contraste avec la simplicité presque austère de la façade. Elle renferme les restes de Saint Ignace de Loyola, le fondateur de la compagnie de Jésus. Bronze doré, argent, lapis lazuli, marbre vert, l'autel de st Ignace annonce les déviances de cet ordre. Le plus magnifique, c'est la fresque du Baciccia à la voûte de la nef, une composition exubérante qui déborde de toutes parts en trompe l'œil.


Après tous ces arrêts, il ne nous restait plus qu'à,gravir lentement la Cordonata, escalier dessiné par Michel-Ange pour gravir la colline du Capitole. Là encore, l'ascension se fait lentement tant notre admiration est sollicitée de toutes parts. La place du Capitole s'offre enfin à nous, gardé par les deux monumentaux Dioscures. C'est un endroit d'une harmonie et d'une sérénités de rêve. Paul III confia son aménagement à Michel-Ange en 1536, pour la visite de Charles Quint à Rome. En 1527, neuf ans auparavant, les troupes de ce grand roi (décidément je l'aime de plus en plus!) avaient mis Rome à sac. C'est une jolie réponse de ce pape. La réalisation dura plus d'un siècle. Le projet de Michel-ange ne fut pas entièrement respecté mais c'est sans doute à lui que l'on doit ce sentiment d'équilibre et de majesté. 


Nous avons ensuite visité le palais des conservateurs, qui abrite une suberbe collection d.art classique, avec comme point d'orgue les morceaux de la statue colossale de Constantin, à l'échelle de sa basilique que nous verrions le lendemain sur le forum, et la fameuse louve mater romanorum, emblème de la ville. L'Homme nous avait demandé de la saluer de sa part. Nous nous sommes acquittées de cette mission avec ferveur.
Perle de Rosée ressentait déjà quelque fatigue et un peu de froid en ce matin gris. Nous avons donc fait une pause sur la terrasse panoramique du musée où j'ai bu avec bonheur mon premier expresso italien. De quoi me secouer les neurones. La vue sur le forum romain vaut le coup, même si la terrasse cafétéria n'est pas facile à trouver !
Notre descente par l'arrière du Capitole nous permit de passer près du forum de Trajan et d'admirer longuement sa colonne où défilent en spirale pour l'éternité ses armées sculptées finement dans le marbre blanc. Bien entendu, on peut regretter que cet idiot de Sixte Quint ait fait remplacer la statue de Trajan par celle de Saint Pierre. Ce sentiment allait se répéter bien souvent et Perle de Rosée rangerait Sixte Quint au Panthéon des barbares.


Nous avons cherché un restaurant du Routard sans jamais le trouver malgré les talents de ma guide. Nous avons alors choisi au hasard un restaurant de quartier où le minestrone et les pâtes alla matriciana étaient délicieuses. Perle de rosée a goûté mon expresso. Elle est restée saisie.
Nous avons repris la route sous un ciel qui s'enlaidissait de plus en plus. Bientôt nous allions sortir les lunettes de soleil.


Grimpant une nouvelle colline (ah ces villes sacrées et leurs collines sacrées!), nous sommes passées par la place du Quirinale dont je n'aime que les marches. Le palais du Quirinale est le siège de la présidence de la république italienne, dont un romain nous a dit qu'elle allait "comme ci comme ça".


Nos pas nous ont ensuite menées à la fontaine de Trevi où nous avons eu du mal à nous frayer un chemin pour aller jeter nos pièces, gage d'un retour certain à Rome. J'ai lu trop tard dans le guide qu'il fallait se retourner et jeter sa pièce par dessus son épaule mais je suis sûre que ça va marcher quand même. J'ai raconté à Perle de Rosée la somptueuse Anita Ekberg se baignant dans cette fontaine. Il faut que je pense à lui montrer la Dolce Vita.


Poussant encore plus loin nos pas, nous sommes arrivées jusqu'aux marches de la place d'Espagne où nous avons goûté le soleil avec les centaines de personnes qui étaient là, romains et touristes mêlés, admirateurs d'architecture et amateurs de shopping. Le poète Keats est mort dans la maison qui fait l'angle de la montée des marches. Pauvre jeune homme. Nous ne sommes pas montées jusqu'en haut des marches.


Notre promenade s'est poursuivie dans les rues de ce quartier de boutiques chics, via dei Condotti, via Frattina. Nous avons fait une nouvelle pause dans un café mythique : l'Antico Caffè Greco. Les prix sont exorbitants, les serveurs en queue de pie, on pause avec délice son derrière sur les mêmes banquettes que Stendhal, Goethe, Liszt, Mendelssohn, Byron ... Et on rit des défauts des russes vulgaires qui sont assis à côté.


Passant sur la Piazza Colonna, nous avons vue une nouvelle colonne, élevée celle-là en l'honneur de Marc-Aurèle. Mais elle est tellement moins belle que le colonne trajanne que ce n'est pas la peine d'en parler. D'ailleurs Sixte Quint a sévi en son sommet aussi.


Et bien sûr, nous ne pouvions pas terminer cette première journée sans visiter le Panthéon, ce temple romain merveilleusement conservé qui nous a transportées dans les siècles. J'ai alors commis l'erreur de confier l'appareil photo à Perle de Rosée qui a tellement mitraillé que j'ai mis des heures à trier les photos. Mais il faut avouer que c'est un monument fascinant. Il fut construit en -27 par Agrippa et dédié à tous les dieux, pas de jaloux. Son audacieuse coupole m'a fait réaliser avec l'aide de Perle de Rosée une des différences fondamentales entre l'architecture grecque et l'architecture romaine : les romains connaissaient le béton. Comment auraient-ils pu construire cette coupole sinon ? Voilà, c'est le troisième fois que j'entrais dans ce temple et cette révélation est bien tardive. Nous attardant longuement à l'intérieur, debout, assises, nous avons salué en leur tombeau Raphaël et Victor Emmanuel II, avec une nette préférence pour le premier. Nous avons retrouvé les 26 trous dans le dallage de marbre qui permettent d'évacuer l'eau quand il pleut.


Épuisées et ravies, nous avons pris possession de noire nouvelle chambre, dans la petite et mignonne résidence Zanardelli, dans la rue du même nom. Vraiment, nous étions contentes de ce changement. Nous nous sommes affalées sur le lit et, sale manie, j'ai essayé de découvrir si la télévision proposait des chaines françaises. J'ai zappé zappé. Au bout de 10 minutes de berlusconeries, je suis arrivée sur RFI en 793 et sur France 24 en 893. Ça calme !


Nous avons dîné en terrasse non loin de là, dans un petit quartier de ruelles étroites. Le vino de la casa était mauvais mais la découverte des spaghetti au caccio i pepe l'a fait oublier.

 

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Devant l'Area Sacra del largo Argentino

 

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La voûte del Gesu.

 

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La montée au Capitole.

 

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Perle de Rosée tient dans la main de Constantin.

 

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Cette louve n'allaite Remus et Romulus que depuis la renaissance.

 

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Devant la colonne Trajane.

 

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La future nouvelle Anita Ekberg ?

 

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Sur les marches de la Place d'Espagne.

 

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Le bar du café Greco.

 

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Devant Versace.

 

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Panthéon - façade.

 

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Panthéon, chapiteau.

 

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Tranche de coupole au Panthéon

 

Note de bas de page :

Vous trouverez ICI la liste des personnages historiques évoqués dans l'article.

Et si vous êtes fans, ICI l'ensemble des photos du séjour.

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B
<br /> Il faudra en effet : la vue est magnifique !<br /> <br /> <br />
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R
<br /> Nous sommes allées au Vatican le surlendemain mais nous ne sommes pas montées sur le toit. La prochaine fois ...<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Vous n'etes pas monté sur le toit du vatican?<br /> <br /> <br />
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