Brita Baumann au Théâtre 13
Mercredi soir, avec l'Homme, nous sommes allés au Théâtre 13 pour assister à une pièce qui a bénéficié d'un buzz important sur Facebook : Brita Baumann, par la compagnie Teknaï. J'étais motivée par la présence sur scène d'une jeune et remarquable comédienne, Valentine Erlich, dont on ne parle pas assez malgré son grand talent.
La pièce nous montre le choc culturel entre la famille des Cadouin et la jeune correspondante allemande qui réside chez eux. Ils sont parfaitement beaufs. Le père est un dictateur qui contraint toute la famille à jouer dans son groupe ringard dans les bals de la région. Ils sont Gilbert Bécaud, Sheila et Zouk Machine. Brita vit à côté d'eux sans un mot, elle les regarde parfois avec effarement. Elle se promène dans la forêt, écrit d'admirables lettres à son frère, joue du bach.
On ne sait pas trop où va la pièce. L'Homme a ri. J'ai ressenti de l'effroi. Les deux sentiments se mêlent en chaque spectateur. La mise en scène voudrait insuffler un sentiment d'irréalité par les décors (les objets sont figurés par des cartons de tapisserie qui les représentent), par les maquillages (masques mortuaires). Tout ça est très bien réalisé mais pour dire quoi? Et puis il y a les chansons. C'est vrai que ça fait rire, que c'est ringard, que c'est mal foutu exprès, que c'est du second degré. Mais il y en a beaucoup et certaines sont interprétées quasi in extenso. Alors le côté ringard finit par passer un tout petit peu au premier degré.
Mais tout ça est sauvé par la poésie de l'interprétation de Valentine. Un peu de Goethe chez les Deschien (comme je l'ai lu je ne sais plus où). Elle ne parle jamais mais son visage exprime mille sentiments, par dessus tout, une indicible souffrance.
La pièce s'arrête ce week-end, alors si vous avez envie d'une sortie originale, dans un théêtre qui se bat pour la vie culturelle de son quartier, allez-y. Vous me remercierez.