Le Problème de Francois Bégaudeau

Publié le par Rhoda

LeProbleme

 

Hier au soir, l'Homme et moi nous sommes rendus fort tôt au théâtre Marigny pour regarder la pièce de Francois Bégaudeau : Le Problème. Je tairai pudiquement les problèmes habituels, les trois places achetées pour se retrouver à deux, les excuses diverses, entretiens, cardans ... La pièce passe à 19 heures, avant ce phénomène paresseux et médiatique dont on nous a rebattu les oreilles, l'Amour, la Mort, les Fringues. Elle dure une heure. C'est un petit joyau de justesse et de sensibilité.

 

Une femme s'avance courageusement en terrain miné. C'est Emmanuelle Devos. Le matin, elle a laissé aux trois êtres qui partageaient sa vie jusque là une lettre pour leur annoncer qu'elle partait. Elle a choisi de vivre une passion avant qu'il ne soit trop tard. Elle laisse ce "foyer" où elle ne brûle plus. Son mari (Jacques Bonnaffé), son fils (Alexandre Lecroe) se comportent comme ses juges. Ces deux intellectuels, l'un écrivain, l'autre khâgneux, se dressent sur leurs ergots et sur leur maîtrise des mots pour reprocher à cette petite infirmière son comportement vulgaire et esclave de sa sensualité. Ils ne disent pas l'essentiel, ils ne disent pas qu'ils se sentent trahis, remis en cause, dérangés dans leur confort.


Mais elle fait face. Elle ne dispose que de quelques mots simples mais elle sait exprimer ses sentiments, se réfugiant dans des notions concrètes. Elle dit "habiter avec" plutôt qu'"aimer". Mais elle se fait entendre.

Elle trouve l'appui de sa fille (Anaïs Demoustier), la plus jeune, la plus ouverte, femme elle aussi. Cette adolescente nous arrache bien des sourires au milieu de l'émotion tendue par l'affrontement des trois autres. Elle a la légèreté et la lucidité acides de son âge.


Cette pièce est une grande réussite. Les quatre acteurs sont excellents et surtout ils jouent une partition précisément écrite, une pièce d'un auteur que l'on découvre brillant homme de théâtre et grand témoin de l'âme humaine. Ça vaut beaucoup mieux que l'image un peu prétentieuse qu'il projette à la télévision.

 

Ensuite nous avons terminé la soirée avec Cheval Cabré, à l'Imprévu, autour de plats très simples et d'un pot de rosé. Il était tout beau dans son costume d'entretien et, je rassure ses admiratrices, très en forme. Encore plus tard, le Real a fini par gagner.

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Publié dans Théâtre

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