En atendant de Anne Teresa de Keersmaeker

Publié le par Rhoda

 

En atendant


Ce jour-là, Brin d'Acier m'appela vers midi :
"qu'est-ce que tu fais ce soir, toi, pas l'Homme ? J'ai une place en rab pour le ballet d'Anne Teresa de Keersmaeker ce soir au théâtre de la Ville. L'Aviateur ne veut pas venir."
Anne Teresa de Keersmaeker.... J'étais partante. Je me rappelais l'avoir vue autrefois sur cette même scène. Je me rappelle cette longue fille bondissant sur scène au moment des saluts, des doc marteens colorées au bout de ses longues jambes noires. Les miennes étaient jaunes, les siennes orange, je crois et j'applaudissais fort cette chorégraphe avec qui je me sentais en phase. Bien sûr j'avais envie de la revoir.

Devant le théâtre, des amateurs frustrés de pressaient pour acheter des places. Brin d'Acier m'attendait avec celle de l'Aviateur, Brin d'Acier, sa soeur, son neveu. La place de l'Aviateur était un "tarif jeune" mais je franchis sans problème le contrôle.

J'ai aimé plusieurs moments du ballet "en atendant". Le début, la fin, beaucoup, et plusieurs passages au milieu. Au début, un immense flûtiste s'est campé bien droit sur ses deux jambes au bord de la scène, et pendant dix minutes, il nous a tenus en haleine par la montée ininterrompue d'une gamme tenue sur un souffle qu'elle matérialisait. En même temps, la salle s'assombrissait. A la fin, un danseur nu dansait en cabriolant comme un faune tandis que la scène s'obscurcissait, crépuscule d'une nuit d'été. Parce que c'était ça le truc : le ballet avait été fait pour le dernier festival d'Avignon où il était montré dans des conditions bien différentes. Entre le début et la fin, j'ai adoré les formations de grappes humaines qui expiraient au doux et complexe son des chants médiévaux.

Mais, but, pero je me suis ennuyée pendant de nombreux soli silencieux. Encore, au début, me suis-je amusée de voir ce garçon qui dansait à en perdre le souffle et dispersait autant qu'il pouvait la fine ligne de terre qui traversait la scène. Encore un clin d'oeil à Avignon, vous saisissez ? En tous cas, les premiers rangs en ont pris plein la g....., de la terre d'Avignon ! Sans doute la danse était-elle trop conceptuelle pour moi, sans joie des corps.

Anne Teresa ne prend plus la peine d'accompagner ses danseurs au Théâtre de la Ville. J'ai lu qu'à Avignon, elle avait dansé ce ballet, portant le nombre des interprètes à neuf. Je ne lui en veux pas, moi-même, j'ai failli ne pas venir.

Je suis rentrée à la maison en croupe sur cheval de feu, longeant toute la rue de Rivoli. J'ai eu un peu peur mais c'était grisant.

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Publié dans Danse

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R
<br /> Pour le reste, on était trop loin.<br /> <br /> <br />
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B
<br /> Ce que tu ne dis pas et qui rendait ce dernier solo beau à tes yeux est que cet homme nu qui dansait avait de très belles f... en plus du reste ! :-)<br /> <br /> <br />
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