Suivront mille ans de calme, ballet d'Angelin Preljocaj

Publié le par Rhoda

Suivront Mille Ans de Calme

 

Mardi dernier, j’ai emmené les affreux voir à Chaillot le dernier ballet de Preljocaj : Suivront mille ans de calme. J’emploie « les affreux » par commodité mais ce n’est pas très exact : d’abord Loukoum était là, et ce n’est pas un affreux, ensuite Clignotant Borgne n’avait pas voulu venir, au motif que le ballet, ce n’est pas très viril. Chacun s’affirme comme il peut. Et toc ! D’ailleurs, si tu lis ces lignes, pense que j’ai toujours un sac de café pour toi. Il y avait donc l’Homme, Brin d’Acier, Cheval Cabré, Loukoum et moi.

 

Je vous le dis tout de suite, nous avons tous adoré, que nous soyons ou non familiers avec ce type de spectacle. D’abord, c’était de la danse, de la vraie danse, sans dispositif scénique compliqué ni projection vidéo pour la gêner. Une chorégraphie aux lignes énergiques et pures interprétée par des danseurs de grand talent. Preljocaj a mêlé les danseurs de sa compagnie à des danseurs du Bolchoï. On ne voyait pas qui était qui. Les danseurs du Bolchoï étaient parfaitement à l’aise dans cette expression contemporaine et la technique des danseurs de la compagnie Preljocaj n’avait rien à leur envier.

 

Le ballet se compose d’une suite de tableaux qui alternent tableaux d’ensemble (une vingtaine de danseurs) et pas de deux. Je n’ai lu qu’après la représentation que l’argument du ballet s’inspirait de l’Apocalypse selon St Jean. De toutes façons, je ne suis pas férue de lectures religieuses. J’ai donc développé ma propre interprétation au fil des tableaux. J’ai vu la naissance et le développement d’un monde jusqu’à son accession à la paix universelle. J’ai parfois perdu le fil de cette lecture mais cela ne m’a jamais gêné tant était grand le plaisir de la beauté de la danse. Je revois encore ces danseuses prises dans leur chrysalides de plastique transparent, cette femme brune projetée contre un mur de métal brossé par son amant, ces danseurs massés et immobiles dans une composition digne de Géricault, ces chaînes qui pleuvent sur la scène, ces employés de bureau au corps à corps avec leurs chaises.

 

Un bémol cependant : le tableau final à la lourde symbolique avec ses agneaux apportés sur scène a provoqué dans nos rangs un éclat de rire qui cadrait mal avec la poétique du reste du spectacle. Mais on pardonne, et on reviendra.

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Publié dans Danse

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