Film : Cleveland contre Wall Street

Publié le par rhodathewaves.over-blog.fr

cleveland

 

Film franco-suisse de Jean-Stéphane Bron.


Les quartiers pauvres de la ville de Cleveland (Ohio) subissent de plein fouet la crise des subprimes. Les familles sont expulsées, les maisons condamnées. Les quartiers déserts sont colonisés par des gangs, l'environnement se dégrade. La ville dépense des millions chaque année pour lutter contre cette dégradation, notamment pour faire démolir les maisons qui tombent en ruine et dont plus personne ne vient faire reconnaître le titre de propriété. Alors la ville en a marre et comme on est aux états unis, en 2008, elle intente un procès à 21 banques d'investissement de Wall Street.

 

Seulement voilà. La justice n'est pas la même pour tous. Les banques ont réussi à faire ajourner le procès en multipliant les procédures. Il vaut mieux pour elles que le procès ait lieu quand toute cette histoire sera moins brûlante.


Alors un valeureux réalisateur suisse a décidé de faire ce procès au cinéma, dans des conditions presque réelles. Vrai juge, vrais avocats, vrai jury populaire choisi par les avocats, vrais témoins. 

 

Simplement, on peut supposer que les cabinets d'avocats n'ont pas fourbi toutes leurs armes pour cette occasion.

 

Je ne vais pas vous faire un cours de finance, même si j'ai compris beaucoup de choses au fil des témoignages. En plus c'est un excellent exercice pour améliorer son english vocabulary : loans (prêts), securization (titrisation), mortgage (hypothèque), auction sale (vente aux enchères)… le tout prononcé suffisamment lentement pour qu’on comprenne.


Au cours des interventions, des personnages remarquables apparaissent. Un ancien dealer, devenu courtier en prêts parce que les compétences nécessaires sont les mêmes. Un ancien conseiller de Ronald Reagan (comment peut-on avouer ça ?) qui prétend avec impudence que l’introduction d’une quelconque régulation dans le système bancaire nuirait à la prospérité (celle de qui ?). Plusieurs victimes, des gens pauvres, sans éducation, proies faciles facilement influencées. Un informaticien, qui a vendu au monde entier le logiciel permettant de créer et de gérer ces produits financiers complexes. Il a fait fortune, mais il ressent quelques remords.


On rejoint la thèse de la défense : le logiciel est un outil, neutre en soi, seul l’usage qu’on en fait peut être criminel. D’après cet arrogant avocat, il en va de même des subprimes et de la titrisation : des outils. Et il est dans la nature humaine de chercher à avoir plus d’argent. Si bien que tout est normal et personne ne saurait être tenu pour responsable. Faut continuer comme ça, continuer à marcher vers le rêve américain. Tant pis pour les cadavres sur les bas-côtés.
 

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Publié dans Films

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