Mondrian et De Stijl à Beaubourg

Publié le par Rhoda

 

Le but de la vie est l'homme, le but de l'homme est le style.
Theo Van Doesburg


Sur les instances de Brin d'Acier, je suis allée visiter l'exposition Mondrianà Beaubourg. A quoi servirait ma carte d'abonnement annuel si je ratais des événements aussi importants, je vous le demande. Et d'abord, ce n'est pas uniquement une exposition Mondrian, elle est au moins autant consacrée au mouvement De Stijl, dont il fut l'une des figures majeures mais qui est loin de s'arrêter là.

 

Les premières salles sont consacrées à l'évolution de Mondrian avant le première guerre mondiale. Il passe d'une peinture figurative à ses fameuses compositions où des lignes noires isolent des rectangles de couleur. Cette évolution passe par une décomposition cubiste de la réalité. Les plans sont soulignés de lignes noires. Puis la ligne courbe est bannie. Les couleurs sont douces et grises pour l'essentiel, à l'image sans doute des immeubles de Paris où il a vécu quelques années avant d'en être chassé par la guerre.

 

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Piet Mondrian, Nature morte au pot de gingembre 2, 1912

mondrian-2.jpgPiet Mondrian, Composition en rouge, bleu et blanc : II, 1937
   De retour en Hollande, Mondrian radicalise encore sa démarche, en même temps qu'il la conceptualise au sein de De Stijl. Toute symétrie est bannie. Les couleurs sont restreintes aux couleurs primaires et aux non-couleurs (blanc, noir, gris). Mondrian pense ainsi atteindre la structure même,de la vérité plutôt que son apparence.


Tandis que je m'applique devant ses toiles, deux idées me frappent (toc toc).


Toc : quand je regarde un tableau figuratif, je regarde et je comprends en même temps. Quand je regarde un tableau abstrait, je regarde d'abord et je comprends après. Entendons nous bien, ici comprendre ne signifie pas lire tout ce que le peintre a eu l'intention de montrer mais plutôt parvenir à formuler ma propre idée, plus ou moins éclairée de l'oeuvre. L'art abstrait est fatigant.


Toc : les traits des peintures de Mondrian ont envie de sortir de la toile, de continuer sur le mur et peut-être plus loin encore.

 

Cette deuxième idée est confirmée par les théories et les œuvres des autres membres du groupe. De Stijl réfléchissait à un art total, un art pour la société tout entière. Ils ont fait des meubles, des maisons, des façades, des vitraux et même un projet pour une ville tout entière.


Ça fait un peu froid dans le dos d'ailleurs. Quand on entre dans l'atelier reconstitué de Mondrian rue du Départ, ou quand on regarde les photos de Truus Schröder dans sa maison construite par Rietveld, le rigorisme des angles droits ne laisse aucune place au secret, à l'aimable désordre, à la vie privée.


L'un des grands mérites de l'exposition est de m'avoir fait découvrir un autre peintre très intéressant : Theo Van Doesburg, qui fut aussi le principal théoricien et l'âme de De Stijl. Ses tableaux comme ceux de Mondrian nous transmettent un rythme, une vibration. Après tout, la lumière elle même est vibration, ce ressenti n'a donc rien d'étonnant mais il ne cesse de nous solliciter.


 

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Theo van Doesburg. Composition in gray (Rag-Time). 1919

 

Bref, encore une magnifique exposition à Beaubourg. Profitons-en. Et remarquons aussi que De Stijl a marqué nos vies :100544-1-.JPGla-vie--claire.jpg

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Publié dans Musées - expositions

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V
<br /> Vous pouvez trouver un article sur l'exposition Mondrian/De stijl au Centre Pompidou sur http://blog.paris3e.fr/post/2011/02/25/Mondrian-Centre-pompidou-Beaubourg<br /> <br /> <br />
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R
<br /> A Amsterdam, j'ai vu aussi des paquets de café Mondrian mais on ne peut pas mettre de photo dans les commentaires !<br /> <br /> <br />
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