Roman : Traité des passions de l'âme d'Antonio Lobo Antunes
Des enfants à la plage - Joaquim Soralla - 1910
Je suis un peu en retard sur la fin des vacances. Mais j'ai eu du mal à terminer ce livre. C'est le dernier de ma série portugaise, j'ai hâte de retrouver Balzac. Encore un détour par Dickens, une trouée contemporaine avec Houellebecq dont on dit tant de bien cette rentrée, et je retrouverai Eugénie Grandet dont je garde un si fort souvenir.
Donc sur ce coup là j'ai eu du mal. Pas au début. Comme d'habitude chez Antunes, l'histoire se passe sur plusieurs plans et les voix sont multiples.Le coeur de l'action, c'est l'affrontement entre deux hommes, un juge et un membre de cellule terroriste d'extrême gauche. Le juge est manipulé par un homme des services secrets. Il doit à son tour manipuler et retourner le terroriste pour en faire l'outil des forces de l'ordre. Il est bien placé pour ça parce qu'il le connaît depuis leur enfance commune à Benfica.
C'était alors la campagne. L'Homme était le petit fils du propriétaire du domaine. Le juge était le fils du fermier alcoolique qui exploitait médiocrement le domaine. L'Homme se faisait renvoyer de toutes les écoles. Le juge a réussi ses études. Tout les opposait. Et pourtant, que de souvenirs ressurgissent, que d'aventures en commun, que de complicité et que de haines aussi ! Ce sont les passages que j'ai préférés, les évocations de ces moments perdus. Ils étaient loin d'être idylliques. Mais ils étaient forts et sensuels.
Le présent n'arrange rien. Personne n'est digne de respect. Tout le monde est manipulé et agit pour des motifs qui ne sont jamais les bons. Tout pourrit. Et au bout d'un moment, je n'en pouvais plus. Assez de noirceur. Assez de lâcheté. Assez de boue.Et Benfica est désormais la banlieue de Lisbonne.
La société portugaise inspire le plus grand mépris à Antunes. Il donne son propre nom au terroriste. Mais c'est en écrivant qu'il a choisi le meilleur moyen pour faire sauter tout ça.