Week-end à Amsterdam - Day 2

Publié le par Rhoda

 

 

 

 

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Joli vélo fleuri

 

 

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Départ des éboueurs sur le Dam.

 

 

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Toutes les peintures ne datent pas du siècle d'or.

 

 

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Béguine au Béguinage.

 

 

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Les barges du marché aux fleurs.

 

 

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Etude du plan.

 

 

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Vitrine de la Condomerie.

 

 

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La petite cuisine de notre seigneur au grenier et ses beaux carreaux.

 

 

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Encore des ponts et des canaux.

 

 

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Ceci n'est pas un bateau, c'est Nemo.

 

 

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Le hareng tue l'amour !

 

Après une bonne nuit sous une couette de plumes immaculée et un généreux petit déjeuner, armés du guide du routard, nous nous lançâmes à pied à l'assaut du centre historique d'Amsterdam. Après quelques crissements de pneus, nous comprîmes qu'il fallait nous méfier des vélos qui déboulent sur les pistes qui leur sont réservées, dans les rues, sur les trottoirs à sens ou à contre sens mais toujours sans bruit et sans éclairage. Nous ne déplorâmes aucun accident durant notre séjour mais nous connûmes de multiples frayeurs.

Redoublant de prudence, nous arrivâmes sur la place principale de la ville (quand une ville a une place principale, c'est que c'est une petite ville). Dénommée le Dam, la place que nous découvrîmes était certes beaucoup moins belle que les canaux qu'il nous avait fallu franchir pour y parvenir. Une grosse colonne blanche et phallique commémore en son milieu les morts civils de la deuxième guerre mondiale pendant laquelle les enfants d'Amsterdam n'avaient plus que des bulbes de tulipes à manger. Quand on penses aux prix des bulbes de tulipes au XVIIème siècle, on se dit qu'à l'époque les spéculateurs auraient préféré laisser mourir les enfants. Autour du Dam, se dressent : le palais royal entièrement recouvert d'échafaudages, une église transformée en salle d'expositions temporaires faute de fidèles, un centre commercial dans une grosse bâtisse néo renaissance et divers autres bâtiments moins intéressants. C'est de cette place que partent les artères dédiées au commerce de masse.

Nous préférâmes explorer les petites rues au sud du Dam. Une porte discrète nous permit d'entrer dans le béguinage où l'air semblait ne pas avoir été renouvelé depuis le XIXème siècle. Une quarantaine de petites maisons  proprettes entourent une pelouse et une petite chapelle. Chaque maison est précédée d'un jardinet. Le calme est profond et l'on s'attend à voir passer Maggie Tulliver portant panier d'osier et long châle bleu. Autrefois, se retiraient là des femmes catholiques, célibataires ou veuves, qui souhaitaient vivre dans la prière et les bonnes oeuvres sans pour autant renoncer à leurs biens et à leur indépendance. Aujourd'hui encore, administrées par des associations catholiques, les petites maisons abritent des femmes dans le besoin ou des étudiantes désargentées, pourvu qu'elles aient la vraie foie. Fascinant endroit. On y trouve une des deux seules maisons d'Amsterdam construites en bois, ce matériau ayant été interdit par peur des incendies.

Quittant la poésie surannée du béguinage, nous plongeâmes dans l'animation du Spui, sympathique place entourée de cafés et de là nous découvrîmes le marché aux fleurs, installé sur des barges le long d'un canal. Sans doute la saison des tulipes ne battait-elle pas encore son plein car les boutiques vendaient plus de bulbes que de fleurs. Pas que des bulbes de tulipes, toutes sortes de bulbes, dont certains énormes, monstrueux, griffus... La tentation était grande et nous achetâmes un gros bulbe chantourné et sombre qui aura peut-être la chance de s'acclimater à la terre de Saint Cyr sur Menthon, dans l'Ain. D'autres boutiques pour touristes nous guettaient à cet endroit. Souriant, nous achetâmes deux petits goudas, l'un vert au pesto, l'autre piqueté de piment rouge. Une fois goûtés, ils se sont révélés plus amusants que savoureux. Enfin, nous avons épargné à nos enfants ces chaussons ridicules en forme de faux sabots de Hollande.


Les emplettes terminées, nous nous perdues dans le joli quartier de l'université jusqu'à y découvrir un sympathique café brun où nous restaurer. Les cafés bruns sont une institution amstellodamoise tout à fait digne d'admiration. Leurs murs sombres ont été patinés par des lustres de vapeurs et de fumée ( aujourd'hui on n'y fume plus). Vous pouvez vous y installer des heures, à une petite table ou à une grande table conviviale, sans que jamais on cherche à vous déloger. Les gens lisent le journal, jouent au carte, discutent, se chauffent. Il y a toujours un chat dans un coin. Le serveur est en général un jeune étudiant jovial à l'anglais impeccable. Et si par chance les tables sont recouvertes d'épais tapis à l'odeur suspecte destinés à absorber la buée ou la mousse qui dégouline des verres d'Heinekein, c'est gagné ! Vous êtes dans une peinture de Frantz Hals. On y mange toutes sortes de choses en sandwich, pas très diététique mais pas cher.

Après cette pause bien méritée, nous montâmes un peu plus au nord et tombâmes sur l'inévitable quartier rouge. En plein après-midi, les lumières étaient éteintes mais les dames étaient nombreuses derrière leurs vitrines. A la surprise de l'Homme, les dames ne s'exposent pas nues mais vêtues d'un maillot de bain minimal ou de quelques sous vêtements aguicheurs. Certaines ont du cœur à l'ouvrage et interpellent le chaland du regard mais plus nombreuses sont celles qui bavardent au téléphone, avachies sur leur chaise. La franche brutalité de ce commerce m'emplit d'un léger malaise et je n'osai pas détailler les vitrines. Mon regard glissait. C'est pourtant dans ce quartier que nous nous attardâmes dans deux boutiques. Un sexe shop tout d'abord, où je découvris avec intérêt l'imagination débridée des concepteurs de jouets pour adulte, imagination qui me contraignit plusieurs fois à demander des explications à l'Homme dont la culture en ce domaine me sembla fort complète. Un peu plus loin, sur les conseils du guide du Routard, nous pénétrâmes dans une condomerie à la vitrine colorée pour acheter quelques souvenirs aux affreux. Vous pouvez retrouver cette boutique sur internet : http://www.condomerie.com .

Fin des gaudrioles, retour à la spiritualité ou à ce qui en reste. En plein quartier rouge, nous découvrîmes la Oude Kerk, la vieille église. Elle date du XIVème siècle. Elle est sobre et dépouillée. Son haut plafond est en bois comme une coque de navire. Elle recèle des installations d'art moderne plus ou moins intéressantes mais parfois très crues pour un tel lieu. On y trouve aussi plusieurs représentations de cogues, le courageux bateau qui assura l'essor du commerce maritime de la région. Autrefois les marins venaient s'y recueillir. C'est sans doute pour ça que les dames se sont installées autour.

Tout près de là se cache 'Notre seigneur au grenier', une touchante installation qui date du XVII ème siècle. A l'époque, la religion catholique était interdite dans ces contrées qui avaient eu bien du mal à se débarrasser des rois espagnols. Cette idée me réjouit fort : pour une fois, les persécutions s'exerçaient dans ce sens là. Mais à Amsterdam, on était déjà d'une tolérance coupable. Aussi les autorités fermaient elles les yeux et autorisaient les catholiques à exercer leur culte pourvu que ça ne se voie pas. Interdiction d'église et de clocher. Au lieu de raisonnablement se convertir, les catholiques se réunirent en secret pour célébrer les sacrements. Le riche marchand qui possédait les deux maisons contigües objets de notre visite, construisit une salle d'église de fort belle taille en réunissant les deux greniers. De l'extérieur, on ne se doute de rien. Sous l'église, les appartements de la famille ont été reconstitués et permettent de se croire dans un Vermeer. Je m'attardai longtemps dans la petite et touchante cuisine couverte de faïences bleu de Delft.

Ensuite nous quittâmes ce quartier de perdition au milieu d'autochtones qui dévoraient des cornets de frites. Et nous embarquâmes pour la principale attraction amstellodamoise: un tour de canaux en bateau mouche. Cela changea notre point de vue, nous permit d'admirer les maisons comme si elles se penchaient vers nous, les perspectives de ponts en enfilade, les vieilles écluses. Cela nous permit aussi d'admirer de près le musée des sciences Nemo, construit comme une immense proue de paquebot échoué par Renzo Piano.

Après cette très touristique promenade, sur le chemin de notre retour à l'hôtel, je goutai une spécialité locale, un petit sandwich dans un pain de hot dog, où la saucisse est remplacée par un hareng et la moutarde par des oignons et de gros cornichons au vinaigre. C'était vraiment délicieux. L'Homme qui avait préféré ingurgiter un bête hot dog un peu plus tôt m'avertit sans ménagement de ne plus l'approcher avant un rigoureux brossage de dents.

Après pause et rafraichissement à l'hôtel, nous repartîmes le long des canaux faiblement éclairés à la recherche des 5 mouches, restaurant réputé de la ville. L'entrée du restaurant, dans une rue transverse, nous échappa, malgré son tapis rouge et sa vive lumière. Nous essayâmes d'entrer par les cuisines mais fûmes refoulés et redirigés vers le tapis rouge. Comme souvent à Amsterdam, le restaurant est installé dans plusieurs maisons contigües et donc composé d'une multitude de petites salles, de couloirs, d'escaliers. Le décor est sombre et ancien alors que la cuisine est plutôt au goût du jour, composée à partir de produits locaux. C'était bon. Les vins eux venaient de France, d'Espagne et d'Italie. Ils ne comportaient pas d'appellations mais seulement des cépages.
Après  ces agapes, notre retour fut rapide et notre sommeil profond.

 

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Publié dans Rhoda

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