Expo : Routes d'Arabie, au Louvre

Publié le par Rhoda

routesdarabie.jpgDepuis le mois d'août, j'évite cette exposition en raison du peu de sympathie que m'inspire l'Arabie Saoudite. Ce pays confont l'idée de nation avec celle de religion et j'abhorre ce genre de confusion. Sans parler de la condition féminine, du sort réservé aux immigrés, de la considération dont jouit tout ce qui n'est pas musulman. Pouark pouark. Ces grands amis de la France et des Etats Unis sont aussi en première ligne quand il s'agit de fournir des terroristes ou de les financer. Alors pourquoi aller voir cette exposition parrainée par une monarchie théocratique ?

 

Cette nuit, j'ai écouté le podcast de l'émission d'Abdelwahab Meddeb (Cultures d'Islam, France Culture) pendant une longue insomnie causée par des brûlures d'estomac. J'ai compris que j'avais tort. Stéphane Lacroix y a expliqué en quoi la démarche du régime constituait ici un grand bond en avant. En effet, l'état saoudien a toujours refusé d'admettre qu'il avait une histoire antérieure au XVIIIème siècle et à l'apparition des Wahhabites. Le roi actuel, Abdhullah Ier, ne partage pas ce point de vue. Il souhaite à la fois ouvrir les yeux de ses concitoyens et présenter son pays sous un jour moins obscurantiste à l'occident. Il es conscient d'avoir comme un déficit d'image depuis le 11 septembre.

 

L'Arabie Saoudite a une archéologie, elle conserve ses vestiges mais elle les montre très peu. Ils peuplent les réserves des musées de Riyad et de Djeddah.

 

En particulier, Stéphane Lacroix était estomaqué par le prêt d'une porte de la Ka'ba datant de l'époque ottomane. Les saoudiens préfèrent oublier la présence et l'influence de l'Empire Ottoman sur leur péninsule.

 

Quand on part d'aussi bas, tout progrès doit être encouragé, me suis-je dit cette nuit. Forte de cette résolution, j'ai renoncé au cinéma pour me précipiter au Louvre. Et j'ai fait de grandes découvertes.

 

J'ai découvert l'existence de la cité d'Hégra, ville nabatéenne soeur de ma chérie Pétra.

 

J'ai découvert de très touchantes stèles funéraires de grès du IVème millénaire avant JC. Elles représentent le défunt arborant une expression triste et peinée d'avoir dû quitter la vie. ça fait un peu désordre d'un point de vue islamique, cette figure humaine sur une tombe mais au IVème millénaire avant notre ère, on peut leur pardonner de ne pas avoir deviner les interdits d'une religion qui ne serait inventée que bien plus tard, non?

 

J'ai découvert des statues de colosses et rugueux rappelant l'art égyptien.

 

J'ai découvert des inscriptions dans une grande variété d'écritures : grecque, hébreue, araméene, latine, syriaque, safa'itique, arabique... traces de toutes les influences drainées par les routes du commerce puis des pélerinages.

 

J'ai découvert de magnifiques photos noir et blanc du début du XXème siècle, photos de paysages, de mosquées, de fêtes, de pélerinages...

 

J'ai découvert des stèles funéraires de la Mecque datant du IXeme au XIIème siècle couvertes de calligraphies harmonieuses et subtiles :

Que sont nos aimés devenus et nos proches qu'ont-ils fait ?

Où sont ceux qui étaient l'apaisement ?

 

J'ai quand même remarqué que la grande carte à l'entrée de l'exposition mentionnait tous les pays du coin sauf Israël et je trouve ça honteux. J'ai laissé un mot dans le livre d'or mais qui s'en souciera. C'est le Louvre quand même ! Céder sur un point pareil, c'est révoltant.

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Publié dans Musées - expositions

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