Musée Henner
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Le musée Jean-Jacques Henner est à deux pas de chez nous. Il fut longtemps en travaux. Sa ré-ouverture ne date pourtant pas d'hier mais de fin 2009. Voilà longtemps que chaque fois que je passe à proximité, je me dis qu'il faudrait aller le visiter. Hier, l'Homme et moi avions enfin récupéré une forme passable après la soirée de vendredi. Nous cherchions une idée de promenade pas trop éprouvante sous un ciel définitivement gris et crachotant. 400 mètres de marche... le musée Henner s'offrait à nous.
Il est situé dans un hôtel particulier emblématique de ce que fut la plaine Monceau au XIXème siècle : un mélange de grande bourgeoisie, de parvenus et d'artistes installés. D'ailleurs, ne nous voilons pas la face, c'est le bâtiment, superbement restauré, qui constitue le clou de la visite. Les grands espaces du salon rouge du premier étage et de l'atelier au dessus font rêver tous ceux dont les appartements ont du mal à capter la pâle lumière parisienne. Les éléments décoratifs exotiques, des carreaux de Delft aux sombres moucharabiehs personnalisent ces espaces.
| Jean-Jacques Henner (1829-1905) |
Henner n'a pas vécu ici. C'était la demeure d'un autre peintre de l'époque : Guillaume Dubufe, l'un des peintres qui ont décoré la salle du Train Bleu. La veuve de Jean Jacques Henner a acheté l'hôtel avant d'en faire don à l'état pour que les oeuvres de son cher disparu y soient exposées.
Ces oeuvres sont plaisantes mais pas passionnantes. Henner s'est complu dans les portraits de femmes rousses à la peau très pâles ou dans les scènes de baigneuses du même tonneau. Il les a multipliées. Les oeuvres que j'ai préférées sont au rez de chaussée. Ce sont des esquisses au fusain, sur du papier sombre. Les traits de construction sont encore visibles. Des femmes rousses encore, rapidement croquées, plaisantes.
L'oeuvre la plus connue de Henner est là aussi, une oeuvre patriotique : L'Alsace, elle attend. Une jeune fille en costume alsacien sombre, comme en deuil, triste et digne, porte une cocarde tricolore sur sa grande coiffe noire. Ses mains sont jointes, son regard est direct. Cette oeuvre a été peinte après la défaite de 1870 qui rattachait l'Alsace Lorraine à l'Allemegne. Son réalisme parvient à nous toucher, même si nous ne partageons plus l'exaltation patriotique de la IIIème république.
Quand même... on se demande pourquoi il fallait consacrer tout un hôtel particulier à l'oeuvre de ce peintre. Si ça vous tente : Musée Jean-Jacques Henner.