Portraits d’écrivains à la Maison de Victor Hugo

Publié le par Rhoda

 

Vendredi dernier, je suis allée voir des amis. Au premier étage de la maison de Victor Hugo, une exposition réunit des portraits photographiques d'écrivains réalisés entre 1850 et aujourd'hui. Ils sont nombreux. Presque tous en noir en blanc. Des gens que je connais et que j'aime. Souvent, ces portraits sont très connus, familiers. Chaque écrivain s'empare avec vigueur de l'espace, vampirise la relation au photographe et au spectateur, impose une présence irradiante et concentrée par la photographie. Mais peut-être que c'est moi qui les vois comme ça. Peut-être est-ce ma fascination pour eux qui change mon regard.


Hugo jeune


L'exposition commence par de nombreux portraits de Victor Hugo qui s'amusait visiblement avec son fils et un ami en ces débuts de la photographie.  La quarantaine, il porte un visage glabre et une longue mèche brune. C'est encore un bouillonnant auteur romantique. Beaucoup plus loin dans l'exposition, le portrait de Nadar nous montre un vieux sage, emblème installé de la troisième publique, le cheveux blanc aussi cout que sa barbe. Subsiste le regard perçant.

 


Hugo vieux

Victor Hugo invite tout ce beau monde chez lui mais il partage la vedette.

 

Les portraits sont très variés. Les époques changent, les techniques évoluent. Certains reflètent l'intimité, d'autres une image officielle. Je cite pèle-mêle  :
Prévert plaisantant, Beckett aigu, Tristan Bernard et Sacha Guitry qui ont eu la même idée de pose, Antonin Artaud jeune homme fascinant puis ange déchu, Sartre et Beauvoir en route pour la postérité, Duras qui fut si belle, Romain Gary raide aux côtés de Jean Seberg, Auden poète patriarche, Kerouac sans moto, Yourcenar emmitouflée, Colette qui aimait ça ...

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J'avoue que j'ai pleuré devant les photographies que l'anglaise Margaret Cameron a prises de sa nièce Julia Jackson, hallucinante préfiguration de la douleur et de la folie de celle qui sera la fille du modèle : Virginia Woolf

 

Julia Jackson

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J'en ai profité pour visiter aussi le deuxième étage, l'appartement de Victor Hugo, où plusieurs pièces ont été reconstituées à l'image des différents endroits où il a vécu. J'ai beaucoup aimé le salon chinois plein de fantaisie qu'il avait conçu lui même pour Juliette Drouet ainsi que le grand salon médiéval aux murs sombres dont les meubles ont été bricolés à partir des vieux coffres qu'il chinait.

 

 

Victor Hugo a vraiment vécu dans cet hôtel particulier, à l'angle de la place des Vosges qui s'appelait alors place royale. C'était avant son exil. La promenade est jolie, l'exposition dure jusqu'au 20 janvier, allez donc y faire un tour ce week-end, quand le temps sera plus doux.

 

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Publié dans Musées - expositions

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